Je toque au tronc
L’écureuil dérangé
Me lance une noisette
Au front
Affront de l’effronté
Les affres de la vie
Des balafres
Sur mes joues
Pirate du quotidien
Parmi tous les pirates
Dans le bateau terrestre
On est bien trop nombreux
Pour faire peur
Nous
Les écorchés de la vie
On offre nos cicatrices
Au monde
Et à vif
Et tout le monde
S’en fout
Car personne, personne,
Ne se regarde vraiment
Des fantômes de pirates
Se contournant
Les regards transperçant
Les gueules cassées
Et là cet écureuil
Furieux
M’observe
De toute son âme
Je ne suis plus
Transparente
Je suis de chair
Prégnante
Et le temps d’une noisette
J’ai existé
Vraiment
Dans le regard d’un autre