J’ai la colère
Des mots trop longtemps retenus
L’envie de hurler à la Terre
Que je suis ma propre inconnue

J’ai la colère
Des erreurs répétées
Comme si l’univers disait
Sans cesse « Game over »

J’ai la colère
De l’incompréhension
Serait-ce la rançon
De ma dualité amère ?

J’ai la colère
Du désespoir
La colère
La colère
La colère
La rage même
De n’avoir pas changée
D’aller me précipiter
Dans les pièges tendus
Par la vie
Comme les lemmings
Qui foncent tête baissée
Dans le premier précipice

J’ai la colère
De ne pas réussir à la faire taire
Cette ignoble voix
Qui me dit « Plante-toi ! »

Evidemment elle ne le dit pas comme ça
Elle est beaucoup plus sournoise
Elle t’enrobe ça, comme du chocolat,
Mais elle scalpe mon cœur, l’iroquoise

J’ai la colère
De souffrir dans ma chair
D’être incapable de cracher
A la face du rejet
J’ai la colère
Trou béant dans le ventre
Quelque chose de si grand
Que ça me fout en l’air

On me dit
Qu’il faut la laisser couler
Mais comment faire
Quand ça colle aux tripes ?
Faudrait que je me découpe
Que je ne garde que le cœur
Ce joyau d’amour et de tendresse
Qui fait que je suis moi
Dans ce corps douloureux
Ce joyau que j’enferme
Comme un trésor
Que je n’ai envie de dévoiler
Qu’à ceux qui m’aiment vraiment

J’ai la colère
Qui monte dans ma bouche
Des mots au goût de fer
Vulgaires escarmouches

Je ne veux pas les prononcer
Je veux préserver ma Terre
Du fiel de ma colère
J’en ferai des papiers brûlés

Et je prie
Je prie
Je prie
Pour que de ma colère
Ne reste que l’amour